Au Nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

Sermon 1 :

 Louange à Allah, nous Le louons, nous implorons Son secours et Son pardon. Nous recherchons secours auprès d’Allah contre les maux de nos âmes et nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide ne sera jamais égaré, et celui qu’Il égare ne trouvera jamais de guide. J’atteste qu’il n’y de divinité qui mérite d’être adorée avec vérité qu’Allah, l’Unique sans associé en attestant de Sa divinité, contre tout apostat ou ingrat et j’atteste que Mohammad (bénédictions et paix sur lui) est Son messager, qu’il a rendu le dépôt, transmis le message, conseillé la Oumma, levé le voile de l’ignorance, et combattu dans le sentier d’Allah comme il se doit. O Seigneur, fais-nous sortir des ténèbres de l’ignorance et de l’illusion vers les lumières de la connaissance et du savoir, et des souillures des désirs aux jardins rapprochés.

Sagesses du jeûne :

 L’examen de conscience est la sagesse primordiale du jeûne :

 Chers frères, nous nous préparons à commencer la deuxième grande adoration en Islam, le jeûne du mois de Ramadan. Si l’Imâm Ach-Châfi’y a dit que les pratiques cultuelles sont fonction des intérêts des créatures, quel est donc l’intérêt à tirer du jeûne de ce mois ? Car Allah, Le Tout Puissant, dit :

(« Tenez ferme ce que Nous vous avons donné et souvenez-vous de ce qui s’y trouve afin que vous soyez pieux !»)

(La Sourate La Vache : 63)

 Comme si Allah, Le Tout Puissant, nous incitait à comprendre la sagesse du jeûne, pour que nous nous contrôlions et nous demandions si nous étions sur le droit chemin.   Est-ce que nous observons le jeûne qu’Allah (Exalté soit-Il) nous a recommandé ? Avec le temps, le jeûne devient, pour nous, une simple tradition comme tant d’autres. Il devient détaché de la religion, il devient des festivités mixtes qui durent jusqu’aux premières heures du matin, il devient une variété de plats succulents, il devient des paroles insensées et remplies de médisances. Malheureusement nous organisons toutes nos festivités et grands repas pendant le mois de Ramadan, c’est devenu une tradition à laquelle nous tenons, comme si l’axe de ce mois tourne uniquement autour de la nourriture. Donc si nous nous éloignons de l’essence même de la religion, nos traditions deviendront superficielles et dénuées de tout sens.

La sagesse du jeûne : s’attacher aux principes de base et à l’unicité :

  En effet, la sagesse du jeûne implique de se tenir à distance des suspicions en se fondant sur les principes de base ainsi qu’elle implique de se maintenir à l’écart de l’association en se livrant à l’unicité.
 Quelle a été la raison de l’ordre divin de nous voir jeûner le mois de Ramadan ? Quelle en est la sagesse visée ?

(Ô les croyants ! On vous a prescrit aṣ-Ṣiyām comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété,)

(La sourate, La Vache : 183)

  Il y a des désirs et des suspicions. Tant d’idéologies corrompues régissent le monde contemporain. De l’athéisme à une idéologie de prétextes en passant par le matérialisme et le fanatisme. Toutes ces idéologies sont loin du chemin tracé par Allah. Or, la sagesse du jeûne est de, justement, éviter ce genre de pensées douteuses et de s’attacher aux principes stables, d’éviter l’association par l’unicité, ainsi que la désobéissance par l’obéissance et la mauvaise foi en Allah par Sa connaissance : 

(… ainsi atteindrez-vous la piété). 

(La sourate, La Vache : 183)

  L’homme, de par sa nature, évite ce qui est nuisible, dangereux et dévastateur.

(Ô les croyants ! On vous a prescrit aṣ-Ṣiyām comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété.)

(La sourate, La Vache : 183)

La bonne vision entraîne la bonne réaction :

 Chers frères, dans une analyse précise, si on veut rendre visite à un ami, par exemple, quel processus devra précéder cette décision ? On part d’une idée, d’une vision, à partir de laquelle on réagit, et tant que l’idée génératrice de la réaction est bonne, la réaction le sera également et vice-versa. L’homme est un être mobile et ce qui le pousse à se mouvoir, est son désir d’obtenir nourriture, boisson… pour survivre, en tant qu’individu, puis il cherche à se marier, pour préserver la survie de sa race. Sans ce désir dont Allah a doté les hommes et les femmes, la race humaine se serait éteinte. 
  De plus, l’homme est animé du désir de suprématie ou de celui de la réussite, dans un désir de perpétuer son nom, sans lequel il n’y aurait pas eu d’exploits ni de réalisations, sur terre. 
  Nous avons besoin donc, de nous nourrir pour survire, de nous marier pour la survie de la race et nous surpasser pour la sauvegarde de la réputation.

 Ces besoins peuvent aussi bien être satisfaits, et parfaitement, selon la méthode divine, et nous permettre de connaitre Allah. Tout comme, ils peuvent être satisfaits selon une méthode contraire à la voie divine. 
  La législation islamique nous permet de satisfaire les désirs et besoins que l’on ressent, d’une manière licite et selon la méthode divine. On est alors croyant, pieux, jeûneur, en bonne santé ici-bas, en sécurité, vivant dans la quiétude, protégé, on connait le succès et la réussite, et Allah nous prend sous Sa protection. Et si on est poussé par le désir d’avoir une femme, on se marie, ou encore le désir d’être financièrement aisé, on cherche un travail licite, ou encore le désir d’être connu, on accomplit, autant qu’on le peut, de bonnes actions.

Eviter la désobéissance par l’obéissance :

(Ô les croyants ! On vous a prescrit aṣ-Ṣiyām comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété.)

(La sourate, La Vache : 183)


  Ainsi atteindrez-vous la piété en évitant les suspicions et les actions douteuses par les principes stables ; ainsi éviterez-vous la colère d’Allah par Sa satisfaction, la désobéissance par l’obéissance, la mauvaise foi en Allah par la bonne foi en Lui. Le fait de penser du bien d’Allah aura pour prix le Paradis. Comme si Allah, en prescrivant, les cinq prières quotidiennes, nous dotait de doses d’énergie. Sans exagération, et, par analogie, on s’imagine comme un téléphone mobile qui a besoin d’être sans cesse rechargé, faute de quoi, il sera inactif et inutile. Par conséquent, il nous est indispensable de nous recharger, les cinq Salâts étant notre dose quotidienne, que l’on renouvelle dans l’intervalle de deux Salâts. 
  Nous avons également besoin d’une dose hebdomadaire qui se manifeste par la Salât et le sermon du vendredi, une telle dose pourrait durer toute une semaine, grâce aux recherches certifiées, aux versets, aux hadiths, aux exemples, aux récits fournis durant le sermon et à une série d’idées exposées durant le sermon du vendredi qui seront susceptibles de raffermir notre conviction, nos tendances, notre crainte et notre obéissance à Allah (Exalté soit-Il). 
  Nous avons également besoin, d’une dose annuelle, en le mois de Ramadan, une recharge d’énergie qui dure trente jours. 
  En résumé, nous disposons d’une dose dans les Salâts quotidiennes, une autre dans la Salât du vendredi, une troisième, qui dure trente jours, celle du Ramadan et enfin, une dose qui dure toute la vie, celle du pèlerinage, puisque l’homme en sort comme au jour de sa naissance, exempt de tout péché.

Le jeûne du Ramadan expie tous les péchés :

  Si l’on proposait à une personne qui est lourdement endettée, dont la maison est hypothéquée, assignée à résidence, jugée et risque la prison, d’effacer toutes ses dettes en accomplissant une tâche pendant trente jours, aurait-elle une quelconque hésitation à accepter ? Sa’d Ibn Abu Waqqac disait une parole que je ne me lasse jamais de répéter : 
  ‘Trois (choses) font de moi un homme…’ un homme comme il faut, un homme connaisseur du Coran et de la Sunna et non pas un mâle, Allah, Le Tout Puissant, dit :

(Des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah…)

(La Sourate, La Lumière : 37)


 ‘Trois (choses) font de moi un homme, en dehors desquelles, je suis un homme ordinaire comme tant d’autres… (Parmi ces choses) il ne m’est jamais arrivé d’entendre un hadith du Prophète, bénédictions et paix sur lui, sans reconnaître que c’est une vérité divine.’
  Le Prophète, bénédictions et paix sur lui, a dit : 

((Celui qui jeûne le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))

(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra)

 Et ce, même si les péchés sont de la hauteur des montagnes, une fois on jeûne le mois de Ramadan comme Allah l’a recommandé, un jeûne d’adoration non de distractions, un jeûne d’obéissance non de désobéissances, un jeûne de piété non de péchés, un jeûne de proximité non d’éloignement :

((Celui qui jeûne le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))

Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra

(… et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée.)

(La sourate L’étoile : 3-4)

  Dans une autre version du hadith :

((Celui qui effectue les Salâts nocturnes pendant le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))

Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra

  Certains ulémas disent que le plus haut degré, quant à la récitation du Noble Coran, est de le faire à la mosquée, debout, pendant la Salât. Signifiant le plus haut degré de récompense relative à la lecture du Coran, est celle que l’on reçoit quand on le récite dans une mosquée, en accomplissant la Salât et en position debout. C’est la raison pour laquelle, le mois du Ramadan est le mois du Coran, le mois du pardon, le mois du repentir, le mois de réconciliation avec Allah, le mois de la recherche de Sa proximité, le mois de veillées nocturnes en Salâts, et le mois de la Salât du Fadjr (de l’aube).

((Celui qui jeûne le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))

(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra)

L’évocation d’Allah est un acte de servitude :

 Chers frères, ne délaissez jamais la Salât, car en évoquant Allah, vous accomplissez un acte de servitude mais lorsque Allah évoque son serviteur Il lui accorde la sécurité et la sérénité ; comme l’a dit l’imâm Ach-Châfi’y (qu’Allah lui fasse miséricorde) : 
 ‘Les adorations sont fonction des intérêts des créatures’.

(Récite ce qui t’est révélé du Livre et accomplis la Salât. En vérité la Salât préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d’Allah est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites.)

(La Sourate L’Araignée : 45)

  L’une des paroles les plus précises de l’Imâm Ibn Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui : ‘l’évocation du prieur par Allah, est beaucoup plus importante que l’évocation d’Allah par le prieur. Certes, l’évocation du serviteur est poussée par un devoir de servitude alors que l’évocation d’Allah garantit la sécurité.’

(Souvenez-vous de Moi donc, Je me souviendrai de vous.)

(La Sourate La Vache : 152)

  L’évocation du prieur par Allah est donc plus grande, car en le faisant on effectue un devoir de servitude, alors que quand Il nous évoque, Il nous fait don de sécurité :

(Lequel donc des deux partis a le plus droit à la sécurité ? (Dites-le) si vous savez. Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelque inéquité (association), ceux-là ont la sécurité ; et ce sont eux les bien-guidés ».)

(La Sourate Les Bestiaux : 81-82)

  Le style arabe de ce verset montre que cette sécurité n’est garantie qu’aux vrais croyants.  Donc si on évoque Allah, Il nous évoquera et nous garantira la sécurité. Et s’Il nous évoque, Il nous fera don d’un sentiment de satisfaction, de succès, Il nous guidera, Il nous comblera de Sa protection, et en nous évoquant, Il nous fera don de réussite :

((Tenez-vous sur le droit chemin et vous n’en compterez pas. -les récompenses-))

(Ibn Mâdja d’après Thawbân)

Devoir éviter la colère d’Allah et chercher Sa satisfaction :

 Le jeûne :

(Ô les croyants ! On vous a prescrit aṣ-Ṣiyām comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété.)

(La sourate, La Vache : 183)


 Ainsi atteindrez-vous la pitié en vous attachant aux principes stables, en vous prémunissant contre la colère d’Allah par Son obéissance, contre Son mécontentement par Sa satisfaction, contre l’éloignement de Lui par Sa proximité. Ainsi, vous évitez tous les maux, toutes les erreurs, tout éloignement d’Allah et tout malheur :

(Ô les croyants ! On vous a prescrit aṣ-Ṣiyām comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété.)

(La sourate, La Vache : 183)

 

La zakât purifie l’âme de la cupidité et de l’avarice :

(Prélève de leurs biens une Ṣadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis.)

(La Sourate Le repentir, Le désaveu : 103)

 Ainsi, l’aumône obligatoire (la Zakât) les purifie et fait accroître la richesse ; elle purifie le riche de la ladrerie. L’avarice, ce mal qui rogne les âmes, qui rend les gens avides et atteints de folie, ainsi ils vivent pauvres et meurent riche. 
On l’histoire d’un jeune homme dont le père était avare, et en plus de cela, il ne lui avait inculqué aucun précepte religieux. Après la mort de son père, qui lui avait laissé une fortune immense, on lui demanda ce qu’il pensait faire, et là, je dois vous citer sa réponse telle quelle, il a dit :
 ‘ Je vais me saouler sur l’âme de mon père.’ 
  Ce père qui ne lui a pas fait connaître Allah,  lui a laissé, certes, une fortune, mais sans connaissance aucune. Sachez que le savoir est meilleur que la fortune. Car la connaissance nous protège, alors que nous protégeons l’argent qui diminue par la dépense, et la connaissance transcende l’argent en rang.

  Cher fils ! Ceux qui ont thésaurisé l’argent sont morts tout en étant vivants, alors que ceux qui ont acquis le savoir vivent éternellement, leur corps est enseveli sous terre, mais leur science enrichit toujours les cœurs.
 J’avais rencontré un frère, âgé de plus de cent ans et qui a passé sa vie à enseigner le noble coran. Il m’a dit : ‘j’ai trente-huit petits fils, dont la plupart connaissent le coran par cœur.’ Le croyant est béni dans sa descendance, dans sa famille, ses fils et filles, ses beaux-fils et belles-filles. L’homme et sa femme ont pris de l’âge, leurs enfants vivent avec leurs conjoints respectifs,  à présent, il a trente-huit petits fils, pour la plupart, connaisseurs du Livre d’Allah.
 Chers frères :

(Prélève de leurs biens une Ṣadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis.)

(La Sourate Le repentir, Le désaveu : 103)

  La sadaqa purifie le riche de l’avarice et le pauvre de la rancœur, de même, l’argent est purifié de tout droit d’autrui.  Elle consolide l’âme du riche, qui trouve plaisir à voir le sourire dessiné sur les visages de ceux qu’il aura aidés et soulagés. Elle purifie l’âme du pauvre quand il voit cette entraide sociale de la part de sa communauté. La Zakât purifie l’argent des droits d’autrui, elle purifie donc autant l’âme du riche que celle du pauvre.

(Prélève de leurs biens une Ṣadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis.)

(La Sourate Le repentir, Le désaveu : 103)

Le pèlerinage est prescrit pour réaliser  qu’Allah sait :

 Un verset très précis au sujet du pèlerinage :

(… afin que vous sachiez que vraiment Allah sait tout…)

(La sourate La Table Servie : 97)

  Lorsque l’on a la certitude qu’Allah sait tout, tous nos problèmes se trouvent résolus. En ayant cette certitude, il est impensable de désobéir à Allah, et si l’on sait, il sera impossible de nous éloigner de Lui, il sera insensé de porter préjudice à Ses créatures, il sera inconcevable de se nourrir d’un gain illicite, comme il nous sera inconcevable de désobéir à Allah. Le pèlerinage est donc légiféré pour que l’on ait la certitude qu’Allah est au courant de tout. 
  L’aumône légale (zakât) est prescrite pour qu’on soit purifié et pour que notre richesse s’accroît, elle purifie aussi bien le riche que le pauvre, et la Salât est une évocation, on évoque Allah et Allah nous évoque :

(Souvenez-vous de Moi donc, Je me souviendrai de vous.)

(La Sourate La Vache : 152)

  Celui qui vous évoque vous garantit la sécurité, la satisfaction, la félicité, la bonne épouse, les enfants pieux, la bonne réputation et la tranquillité d’esprit :

(Il les guidera et améliorera leur condition.)

(La sourate, Mohammad : 5)

  Allah nous dota d’innombrables dons, nous devons donc apprendre ce hadith et l’accrocher bien en relief chez nous :

((Tenez-vous sur le droit chemin et vous n’en compterez pas ‘les récompenses))

(Rapporté par Ibn Mâdja d’après Thawbân)

 Les récompenses de celui qui se tient sur le droit chemin sont illimitées.

Le jeûne est l’adoration du dévouement :

  Chers frères, le jeûne est certes l’adoration du dévouement. Il nous arrive de nous douter de notre sincérité, mais si on prend le cas de notre jeûne en temps de chaleur intense, comme en ces jours-ci, où la température atteint les 45°C. Il est midi et on peut facilement étancher sa soif avec un verre d’eau glacée, le verre est à notre disposition, juste devant nous, personne ne nous regarde, mais on ne le peut pas, qu’est ce qui nous empêche de le faire ?
 Notre foi en Allah, comme si Allah nous dit, quand on jeûne : ‘vous M’aimez, vous croyez en Moi, en Ma connaissance et en Mon existence.’ 
 Qu’est-ce qui vous retient de satisfaire votre soif ? L’eau est fraiche, vous êtes seul chez vous, les fenêtres sont bien fermées, prenez une gorgée d’eau… Mais vous ne pouvez le faire.

 C’est la raison pour laquelle ils ont dit que le jeûne est l’acte cultuel du dévouement. 
 On prend un autre exemple, quand le père ordonne à son enfant de se brosser les dents ou de faire ses devoirs, il le fait certainement dans l’intérêt de son fils, il lui donne toutes les instructions nécessaires et évidentes. Cependant, rien n’explique le fait qu’il lui demande de ne pas manger, alors que la table est dressée, comporte tout ce qui est délicieux, et qu’il a faim.  Cet ordre n’est pas clair, mais malgré cela, le fils se plie à la volonté de son père et ne mange pas, bien que le repas provienne d’un gain licite et que le fils a faim. Car, il a une confiance infinie en son père. 
  Allah nous a interdit l’adultère, les boissons alcoolisées, le vol, le mensonge, mais Il nous demande de ne pas manger ou boire pendant une longue durée, dix-huit heures, par exemple, sans nourriture ni eau, et on se plie à cet ordre. C’est la raison pour laquelle, on dit que le jeûne est le culte du dévouement par excellence, vous possédez une preuve tranchante de votre foi en Allah, de votre crainte d’Allah, vous avez la ferme certitude qu’Allah vous voit même en étant seul chez vous, le jeûne est le culte du dévouement car il vous interdit ce qui est permis. 
  Cependant, quand on s’interdit la nourriture et la boisson durant le mois de Ramadan qui sont dans notre droit, ne serait-il pas plus prioritaire de s’interdire ce qui est blâmable ? Serait-il raisonnable de se priver de nourriture et de boisson, et de s’adonner au mensonge, à la médisance, et à l’escroquerie ? Impossible. Alors qu’en tant que musulmans, nous obéissons à l’ordre d’Allah quand Il nous interdit ce qui nous est permis et qu’on s’y plie, comment pourrait-on Lui désobéir quand il s’agit de péchés ? Si en jeûnant, on délaisse le permis, il serait prioritaire de délaisser les péchés et les désobéissances. 
  Ainsi, le jeûne renforce la volonté d’obéir à Allah, Le Tout Puissant. C’est bien la teneur que comporte le hadith du prophète, bénédictions et paix sur lui :

((Toute dévotion accomplie par le fils d’Adam est pour lui-même sauf le jeûne, il est conçu pour Moi et c’est Moi qui en donne la récompense.))

(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra.)

  Car le jeûne est pour le croyant, le pèlerinage est pour le croyant, la sincérité est pour le croyant, le dépôt est pour le croyant, l’obéissance est pour le croyant, la droiture est pour le croyant (au sens que tous ces cultes pourraient être entachés de fausse intention). Alors que le jeûne traduit une soumission complète à la Volonté d’Allah.

((Toute dévotion accomplie par le fils d’Adam est pour lui-même sauf le jeûne, il est conçu pour Moi et c’est Moi qui en donne la récompense.))

(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra.)

  Le jeûne est un acte de soumission complète à la Volonté d’Allah.

 Il est essentiel de préciser un point, quand la sagesse d’une adoration nous paraît évidente, et qu’on l’applique avec ferveur, on est rétribué, mais si cette sagesse, nous est inconnue, et qu’on applique quand-même le culte, la récompense sera double. Il est facile de convaincre un musulman de ne pas manger ou de ne pas boire car il est complètement soumis à la volonté divine et à Sa méthode, alors qu’un mécréant ne pourra jamais s’y soumettre et dira que le jeûne est au-dessus de sa capacité.

((Toute dévotion accomplie par le fils d’Adam est pour lui-même sauf le jeûne, il est conçu pour Moi et c’est Moi qui en donne la récompense.))

Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra 

Baisser le regard est évident pendant le Ramadan :

 Baisser le regard fait partie des notions évidentes que l’on doit observer tout au long de l’année, mais elle paraît plus évidente pendant le mois de Ramadan, Allah, Le Tout Puissant dit :

(Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté.)

(La sourate La Lumière : 30)

  Si vous êtes assis chez vous, dans une chambre obscure, et de l’autre côté de votre fenêtre une femme apparaît, ayant une tenue provocante, et que vous la regardez les yeux grands ouverts, qui vous demandera des comptes ou vous réprimandera ? Allah, Le Tout Puissant, dit :

(Il (Allah) connaît la trahison des yeux, tout comme ce que les poitrines cachent.)

(La Sourate Le Pardonneur : 19)

 Allah, est le Seul qui connaît les mauvaises intentions des regards et ce que cachent les poitrines.

 En résumé, le mois de Ramadan est une session intensive qui pourrait conduire au salut, à être sauvé de l’enfer. Elle peut même se terminer par le pardon de tous les péchés, ou encore mieux, par la satisfaction divine, à condition que notre jeûne ne soit pas une simple tradition.

Le Ramadan une participation spirituelle :

  Certes le riche ne souffre jamais de la faim, tout est à sa disposition, nourriture, boisson…et tout est de bonne qualité ; pendant le mois de Ramadan, il souffre du creux à l’estomac, mais sa faim est volontaire. Alors que celui qui goûte à la faim involontairement, est le pauvre. Ainsi, pendant le mois de Ramadan, pauvre et riche partagent un moment de spiritualité. En dehors du Ramadan, le riche ne connait pas de problèmes de nourriture, toutes sortes de boissons, d’aliments et de fruits sont à sa disposition, mais pendant Ramadan, il subit en un mois ce que le pauvre subit tout au long de l’année.
 Comme si Allah veut dire au riche qu’il doit vivre pleinement et réellement la faim du pauvre non seulement concevoir l’idée de la pauvreté. Une grande différence entre dire à quelqu’un qu’untel doit subir cents coups de fouet, et les lui faire subir. Concevoir l’idée est simple, mais la vivre est une autre paire de manches. Comme si Allah, pendant ce mois, veut faire vivre au riche toutes les souffrances du pauvre, la faim en tête.

La zakât du Fitr une obligation soumise à une condition :

 La zakât est une aumône obligatoire qui incombe au riche, mais Allah, Le Tout Puissant, a instauré la zakât du fitr (au terme du mois de Ramadan). Mais qui doit la payer ?  Elle est due pour tout individu qui possède de quoi se nourrir pour une journée, celui qui possède de quoi se payer un seul repas, doit la payer. Ainsi, Allah a voulu que le pauvre jouisse du plaisir de dépenser ne serait-ce qu’une seule fois l’année, tout comme Il a voulu que le riche vive la faim du pauvre. Par conséquent, le jeûne ne sera inscrit auprès d’Allah que si on s’acquitte de la zakât du fitr, une obligation pour chacun pouvant se payer un repas quotidien.

 Rappelons encore une fois les hadiths :

((Celui qui jeûne le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))

(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra)

((Celui qui effectue les Salâts nocturnes pendant le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l’espoir d’une récompense (divine) verra ses péchés passés pardonnés.))


(Boukhari et Mouslim d’après Abu Houraïra)

  Sur ce je termine et je demande pardon pour moi et pour vous, demandez-Lui pardon, Allah vous pardonnera. Je Lui demande pardon.
***

Sermon 2 :

 Louange à Allah, Seigneur de l’univers, J’atteste qu’il n’y de divinité adorée avec vérité qu’Allah, L’Allié des pieux, et que notre maître Mohammad est Son serviteur et messager, aux moralités éminentes. O seigneur, accorde Ta Miséricorde, Ta bénédictions et Ta paix à notre maître Mohammad ainsi qu’à sa famille et à tous ses compagnons.

Humilié et perdant soit-il celui qui aurait vécu le mois de Ramadan sans avoir obtenu la rémission de ses péchés :

 ‘Le prophète s’apprêtait à monter sur sa chaire, il gravit la première marche et dit :
 ‘Amine’, il gravit une deuxième et dit :’amine’, il en gravit une troisième et dit : ‘amine’. 
  Les compagnons n’ont rien compris à cela.
  Au terme de la salât et du sermon, on lui demanda : 
  ‘O messager d’Allah, pourquoi tu disais ‘amine’ ? Il répondit : 
  ‘J’ai reçu la visite de Gabriel qui m’a dit : 
  ‘Humilié et perdant soit-il celui qui aurait vécu le mois de Ramadan sans avoir obtenu la rémission de ses péchés, s’il n’obtient pas la rémission de ses péchés en ce mois quand l’obtiendra-t-il alors ?’’
  Le mois du Ramadan est le mois du repentir, celui du jeûne, des Salâts nocturnes (Tarawihs), de la Salât de l’aube (du Fadjr) à la mosquée. Ainsi, celui qui ne sera pas pardonné pendant ce mois, sera humilié et perdant. C’est le mois du repentir, de la proximité d’Allah, le mois d’amour, le mois de la Salât, le mois du Coran, le mois des cultes d’adorations. 

 Il n’y a aucun inconvénient à délaisser ce que les gens ont innové comme traditions pendant ce mois.  Délaisser les repas, les festins et les veillées tenus quotidiennement durant les nuits de Ramadan, et les reporter après ce mois. Faites que le mois du Ramadan soit uniquement un mois d’adoration, pendant lequel vous vous préparez aux Salâts des Tarawih (nocturnes), après un repas de rupture du jeûne qui serait modéré et après la Salât du coucher du soleil.   Essayez d’être en proximité avec Allah pendant la Salât des Tarawih. La plupart des gens se concentrent sur les adorations pendant ce mois, mais une fois le mois fini, ils reviennent à leur ancien état d’égarement. Ils perdent toutes les bonnes actions qu’ils ont accumulées pendant le mois de Ramadan, dans l’année qui le suit. Et ainsi de suite, ils ne gagnent jamais rien. Allah a fait de ce mois, un mois où l’on change d’état, où l’on fait un progrès qualitatif pendant lequel on s’habitue à la Salât de l’aube ou du soir à la mosquée pendant 30 jours, et on continue sur le même rythme même après le mois de Ramadan, car 

((Celui qui accomplit la Salât de l’aube en groupe, est sous la protection d’Allah, jusqu’au soir, et celui qui accomplit la Salât du soir en groupe, est sous la protection d’Allah jusqu’à ce qu’il se réveille.))

(Ahmad)

((Celui qui accomplit la Salât du Fadjr est sous la protection d’Allah, Le Tout Puissant))

(Ibn Mâdja dans ses sunans, d’après Samora Ibn Jondob)

((Celui qui accomplit la Salât du soir en groupe est comme celui qui aura veillé la moitié de la nuit en Salât.))

(Mouslim d’après ‘Othmân Ibn ‘Affâne)

  Ainsi, si on effectue la Salât de l’aube et celle du soir en groupe, on reste sous la protection d’Allah toute la journée.

Les directives prophétiques en matière de santé :

 Le prophète, bénédictions et paix sur lui, avait l’habitude de manger trois dattes au début de son repas de rupture du jeûne. Ensuite il accomplissait la Salât du Maghreb et retournait pour finir son repas. Le sucre contenu dans les dattes arrive rapidement au sang et par la suite, au cerveau.  Ainsi, en dix minutes, le temps d’accomplir la Salât, ce sucre arrive au centre responsable de la sensation de faim dans le cerveau, et on ressent une sensation de satiété. Par la suite, on mange d’une manière modérée. 
 En général, l’homme ne ressent plus de faim dans deux cas précis : le premier, assez grave, quand il remplit son estomac et le centre de satiété est averti. Mais, si on commence par trois dattes, le sucre arrivera à ce centre et on mangera par la suite de manière modérée, comme si on consommait un repas normal sans excès. 
 Lors de mes nombreuses visites à certains pays, au Brésil et au Royaume Uni, j’ai remarqué qu’ils consommaient les fruits avant les repas, chose tout à fait normale ; la preuve (le fruit est cité avant la viande dans le Coran) dans ce verset :

(et des fruits de leur choix, et toute chair d’oiseau qu’ils désireront.)

(La sourate L’évènement : 20-21)

  Essayez d’en faire une habitude alimentaire continue. On a l’habitude de consommer une pomme, par exemple, après le repas, on devrait essayer de la croquer avant le repas à ce moment-là nous mangerons avec modération, car, grâce au sucre contenu dans les fruits, qui arrive en dix minutes au sang et qui avertit le centre de satiété, là, on ne ressent plus de grande faim. 
  Qui a appris cela au Prophète, bénédictions et paix sur lui ? 

(… et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée.)

(La Sourate L’étoile : 3-4)

  En fait, les directives prophétiques en matière de santé, ne sont nullement de son imagination, ni des conséquences du vécu de son époque, mais elles sont venues suite aux révélations divines :

(… et il ne prononce rien sous l’effet de la passion; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée.)

(La Sourate L’étoile : 3-4)

 Habituons-nous donc, tout au long de l’année, à consommer un fruit avant les repas, on ne ressentira pas une grande faim et on mangera avec sobriété.

Invocations :

 Ô Allah, guide-nous parmi ceux que Tu as guidés, préserve-nous parmi ceux que Tu as préservés, prend-nous comme alliés parmi ceux que Tu as pris comme alliés, bénis ce que Tu nous as accordé, protège-nous du mal que Tu as décrété, car certes Tu décides et nul ne décide pour Toi. Certes, ne sera pas humilié celui que Tu as pris comme protégé et ne sera pas honoré celui que Tu as pris comme ennemi, béni et exalté sois-Tu. Louange à Toi pour ce que Tu as décrété. Nous demandons pardon auprès de Toi,   Ô Allah, pour tous nos péchés.  Ô Allah guide nous vers les bonnes moralités, certes personne que Toi n’y guide. Ô Allah, Fais que nous pratiquions correctement notre religion, Fais que nous soyons droits dans notre vie terrestre, Fais que nous soyons bienheureux dans notre vie de l'au-delà vers laquelle nous retournerons, Fais que notre vie soit source d'accumulation de toutes sortes de biens et Fais que notre mort soit une délivrance de toutes sortes de maux. Notre Seigneur, Maître de l’univers, Ô Allah, Fais que nous nous suffisions de ton licite pour nous dispenser de l’illicite, et de Ton obéissance pour nous dispenser de Ta désobéissance  ; enrichis nous par une grâce qui ne provient pas d'un autre que Toi. 
 Ô Allah, par Ta grâce et Ta miséricorde, fais que la parole véridique et celle de religion soient les plus éminentes, fais vaincre l’Islam et les Musulmans où qu’ils soient de par le monde, Ô Seigneur de l’univers. Ô Allah, montre-nous Ta Capacité contre Tes ennemis Ô Le plus Généreux des généreux.

Louange à Allah, Le Seigneur de l’univers