Au Nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

Avant-propos 

  M. Bilâl : 
  D’innombrables questions suscitent l’inquiétude chez les gens …

… alors que mon seul souci dans cette vie…
… est de trouver un ami qui me soutienne…
… afin que nous ayons une seule âme habitant dans deux corps…
… car l’idéal serait de se sentir un et de rester deux.
***

  C’est l’entraide, une des perles précieuses de l’Islam et une des perles de la moralité islamique vertueuse. Abû Mûssa al-Ach’ari (qu’Alla soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit :

((Lorsque les Ach’arites se trouvaient à court de provisions au cours d’une bataille ou que la nourriture de leurs familles venait à manquer à Médine, ils rassemblaient tout ce qui leur restait comme aliments dans une seule étoffe pour en faire un partage équitable à l’aide d’un même récipient. Ils sont des miens et je suis des leurs))

Al-Boukhari d’après abû Kuraïb d’après abû Usama.

  Soyons donc solidaires à l’exemple des Ach’arites et essayons de nous partager avec équité tout ce dont nous disposons dans l’objectif d’obtenir la satisfaction du Seigneur de l’univers. Restez avec nous pour que nous prenions connaissance ensemble de cette perle précieuse et profitable de la législation islamique qui porte sur l’entraide.
  Au Nom d’Allah Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux ; Louange à Allah, Le Seigneur de l’univers ; que la prière et la paix soient sur notre maître Mohammad, sur les siens et sur tous ses compagnons.  
  Chers assistants où que vous soyez, je souhaite qu’Allah vous accorde le bien, la félicité, la bénédiction et vous soutienne à Lui obéir. Notre sujet de débat en cette nouvelle séance porte sur une nouvelle perle précieuse de la législation islamique honorable que nous allons recueillir dans le Livre d’Allah, exalté soit-Il, et dans la tradition de Son Messager (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) ; mais permettez-moi au préalable d’accueillir notre cher professeur Dr. Mohammad Rateb an-Nabulsi. Soyez le bienvenu mon cher monsieur.
  Dr. Rateb : 
  Qu’Allah vous bénisse ; puisse notre leçon être profitable aux assistants.
  M. Bilâl : 
  Notre perle précieuse pour aujourd’hui concerne l’entraide ; Allah, exalté soit-Il, dit : 

« Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

  D’après les savants, l’entraide signifie que l’homme assiste son frère, l’aide à accomplir les obéissances et à faire de bonnes œuvres, celles qui touchent la vie ici-bas et celles destinées à la vie future ; l’entraide est une vertu. Il est indispensable à ce niveau de reprendre le Noble verset pour pouvoir démarrer et mieux assimiler la notion de l’entraide islamique qui porte satisfaction à Allah, exalté soit-Il, et à Son Messager (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) :

« Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

La notion de l’entraide islamique :

  Dr. Rateb : 
  Au Nom d’Allah Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Le Seigneur de l’univers, que la prière et la paix soient sur notre maître Mohammad, sur les siens bons et chastes ainsi que sur ses compagnons nobles et bienheureux, les préservateurs de sa mission et les chefs de ses brigades. Ô Seigneur de l’univers, accorde-nous et accorde-leur Ta Satisfaction.
  Des fois, je me trouve hanté par l’idée pressante qui certifie qu’il vaut mille fois mieux confronter la vérité avec toute l’amertume qu’elle comporte plutôt que de vivre une illusion commode ; ne remarques-tu pas que le monde occidental incarne idéalement le concept de l’entraide à travers l’union européenne (UE) qu’il a fondée bien que les points communs qui réunissent ses communautés ne dépassent point les cinq pour cent.
  M. Bilâl : 
  Cela est vrai.
  Dr. Rateb : 
  Ne remarques-tu pas également que d’interminables conflits et tueries opposent les différents pays du monde islamique bien qu’ayant en commun quatre-vingt-quinze pour cents de points ?
  M. Bilâl : 
  Malheureusement, cela est juste.
  Dr. Rateb : 
  Ce phénomène est affligeant et douloureux, l’entraide fait partie de la religion, l’entraide traduit la civilisation, l’entraide est un signe de progrès, l’entraide révèle la civilité, l’entraide est un témoignage du succès, l’entraide reflète le développement, l’entraide atteste la puissance. « Entraidez-vous ». 
  En l’occurrence, tout ordre inclus dans le Noble Coran exige de le mettre en vigueur. Le commun des gens vit une illusion assez grave, ils ont l’impression que l’Islam se limite à accomplir quelques pratiques cultuelles, comme l’observation du jeûne, l’accomplissement de la Salât et du Hajj, ainsi que l’acquittement de la Zakât, au moment où l’Islam est une méthode détaillée, comportementale qui règle la vie de l’homme à partir de sa vie privée et de ses rapports sexuels dans la chambre conjugale pour se terminer dans les rapports internationaux. Une méthode détaillée qui tient compte du gagne-pain, de la dépense de l’argent, des liens familiaux, des relations avec les proches parents, des loisirs, du choix de son travail ; de la coopération entre les gens, avec les puissants, les faibles, les proches parents ; c’est toute une méthode minutieuse et ordonnée. Comment donc peut-on penser à réduire cette religion sublime en de simples pratiques cultuelles ? Le Messager d’Allah (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit : 

((L’Islam est fondé sur cinq piliers…))

Al-Boukhari d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar

  L’Islam s’étend bien loin au-delà de ces cinq piliers ; l’Islam est une méthode détaillée qui indique la façon idéale de gagner son pain, de le dépenser, de choisir sa conjointe, d’éduquer ses enfants, d’établir des rapports avec les puissants, les faibles et les proches parents, de se comporter avec les ennemis ; bref, l’Islam te soutient dans ton activité quotidienne. 
  L’Islam est une méthode détaillée ; lorsqu’on se tient à distance de cette méthode détaillée, en nous faisant des illusions que l’Islam n’est qu’un accomplissement d’une série de pratiques cultuelles, on commet une faute grave car la vérité amère et en même temps grave affirme que ces pratiques cultuelles ne peuvent être admises ou jugées valides à moins que les pratiques comportementales soient prises en considération tout aussi bien ; la preuve et à défaut de laquelle n’importe qui dirait n’importe quoi, se trouve dans le hadith du Messager d’Allah (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) : 

((Je connais des gens de ma communauté qui viendront le jour de la Résurrection avec de bonnes œuvres aussi impressionnantes que les montagnes de Tihama mais qu’Allah, exalté soit-Il, rendra vaines… 
« Ô Messager d'Allah, décris-les nous » Lui a-t-on dit.
((Ils accomplissent la Salât surérogatoire comme vous le faites et consacrent une partie de la nuit à la Salât comme vous le faites ; mais ce sont des gens qui lorsqu’ils se trouvent seuls en présence des interdits d’Allah, les transgressent.))

Ibn Madjah d’après Thawbân

  La Salât est pour ainsi dire, terminée.

((Allah n’a nullement besoin que l’homme renonce à la nourriture et à la boisson si celui-ci ne renonce pas au mensonge et aux actes illicites qu’il engendre))

Al-Boukhari d’après abû Houraïra

  Le Jeûne est terminé !

« Dis : « Faites des aumônes de votre propre gré ou à contrecœur, jamais elles ne seront agréées, venant de vous, car vous êtes des gens pervers. ». »

Coran 9, AT-TAWBAH (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR) : 53

  La Zakât est terminée !

((Lorsque le musulman qui accomplit le pèlerinage avec de l’argent illicite, se joint au convoi en disant : « me-voici, ô Allah, me-voici, je réponds à Ton Appel », une voix l’interpellera du ciel : « tes invocations ne seront pas exaucées et ton Hajj est rejeté ».))

Al-Asbahany dans « Al-Targhib » d’après Aslam le serviteur affranchi d’’Umar ibn al-Khattâb

  Reste à soulever la question de l’attestation de foi :
((Quiconque dit : (Il n’y a point de divinité à part Allah) à juste titre, accédera au Paradis. « Quel est ce juste titre ? lui a-t-on demandé ». ((Qu’elle l’empêche de transgresser les interdits d’Allah »)) leur a-t-il répliqué.
« Al-Targhib wa-l- Tarhib » d’après Zayd ibn Arqam suivant une chaîne de transmission contestable.
Nous pensons à tort qu’il suffit d’accomplir les pratiques cultuelles pour nous conformer aux règles de l’Islam ; alors que les pratiques cultuelles ne sont que des fondements :

((L’Islam est fondé sur cinq piliers…))

Al-Boukhari d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar

L’Islam est une méthode minutieuse :

  L’Islam est une méthode minutieuse qui se lance de l’intimité de la vie privée pour l’organiser et se termine dans les rapports internationaux. Cela doit nous inciter à reconsidérer nos pratiques comportementales. Le dialogue qui s’est déroulé entre le Roi Négus et Dja’fâr rapporté par Thawbân d’après le Messager d’Allah (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) illustre à merveille la notion des pratiques comportementales :

((Ô Roi, nous étions un peuple ignorant, nous vouons nos cultes aux idoles, nous mangions les bêtes mortes, accomplissions les turpitudes et rompions les liens de parentés ; nous étions de mauvais voisinage, le plus puissant d’entre nous opprimait le plus faible. Telle était notre situation jusqu’à ce qu’Allah nous ait envoyé un Messager de notre communauté, nous connaissons sa lignée, sa sincérité, son honnêteté, sa confiance et sa chasteté ; il nous a invités à avoir foi en Allah Le Tout-Puissant pour lui vouer un culte exclusif en monothéistes, et abandonner ce que nous adorions, nos ancêtres et nous, en dehors d’Allah, tels que les pierres et les idoles. Il nous a commandé (voilà qu’il cite les pratiques comportementales) de dire la parole vraie et juste, de remettre les dépôts à qui-de-droit, d’entretenir les liens de parentés, d’être de bons voisins, de cesser l’inceste et d’arrêter l’effusion du sang)). 

Ahmad dans son « Musnad » d’après Um Salama, la mère des croyants.

  Les pratiques comportementales sont à l’origine de la religion (Fais ! et ne fais pas !) dont les instructions doivent être présentes dans tous les détails de la vie de l’homme, lorsqu’il est en action et durant ses moments de répit et de détente. 
  En fréquentant la mosquée, tu prends connaissance des directives qui proviennent du Créateur à travers les sermons et tu seras récompensé lors de l’accomplissement de la Salât, de cette façon tu auras exercé les pratiques cultuelles ; quant à la religion, elle doit être observée chez toi :

((Les meilleurs parmi vous sont ceux qui se conduisent convenablement avec les siens…))

Al-Tirmidhi d’après Aïcha, la mère des croyants.

En se rendant sur le lieu de son travail, l’homme se soucie d’avoir une apparence élégante, de se parfumer, de se montrer courtois et prévenant, de garder son sourire… mais sa véritable moralité doit se manifester chez lui, au sein de son foyer : 

((Les meilleurs parmi vous sont ceux qui se conduisent convenablement avec les siens…))

Al-Tirmidhi d’après Aïcha, la mère des croyants.

  Une fois que l’homme aura profondément assimilé les lois divines et les injonctions d’Allah, exalté soit-Il, il s’y conformera à la lettre, que ce soit chez lui, dans sa profession, dans son magasin, dans son entreprise, dans ses dons ou dans ses privations ; dans ses sautes d’humeur, s’il est satisfait ou en colère ; dans le maintien des liens de parenté ou dans leur rupture. La religion est une méthode qui tient compte des plus petits détails de la vie quotidienne de l’homme sans oublier d’organiser son activité professionnelle.
  M. Bilâl : 
  Qu’Allah vous bénisse ; ce fut la première partie de notre séance, pouvons-nous passer à la seconde partie ? Nous reprenons le verset à cet effet :

« Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

  Or, dans une séance antérieure, vous avez certifié que nous sommes enjoints de nous entraider mutuellement dans l’accomplissement des bonnes œuvres qui est lié à la vie ici-bas alors que la piété est susceptible de réformer notre vie future, mais si nous citons la suite du verset, nous y trouvons une interdiction :

« ... et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

  Ce qui veut dire que d’une part, nous sommes tenus de nous entraider dans certains aspects de notre vie et d’autre part, nous devons nous abstenir de nous entraider à commettre le péché et l’agression ; pouvez-vous nous préciser les prohibitions à respecter dans l’entraide ? 

Les prohibitions dans l’entraide :

  Dr. Rateb : 
  Au fond, le péché consiste à désobéir à son Seigneur ; si l’homme commet une désobéissance il sera tombé dans un péché, mais lorsqu’il fait du tort à son prochain il aura commis une agression à son égard. Autrement dit, s’il refuse de se soumettre à la loi divine, il aura commis une désobéissance qui porte préjudice à sa propre personne, mais s’il se montre agressif à l’égard de son entourage, il leur aura fait du tort, car le préjudice en principe, est prohibé aurait-il un effet personnel ou réciproque.

« ... et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

  Il est une pluralité de projets qui génèrent la corruption des mœurs, provoquent la désunion familiale et altèrent l’affection familiale ; tout projet qui risque de semer le trouble et le déséquilibre au sein d’une famille, de perturber la sécurité de l’homme fait partie intégrante de la dégénérescence, car tu auras œuvré à changer la nature de l’âme… L’eau malsaine est l’eau qui a une saveur, une odeur et contient des microbes, quant à l’eau potable qui peut être bue, c’est bien celle qui est sans odeur sans saveur et sans couleur, et de plus elle doit être dépourvue de toute souillure et de toute impureté ; la corruption pourrit la nature de l’âme ; ce qui explique le verset :

« La corruption est apparue sur la terre et dans la mer du fait des agissements des hommes. Allah leur fera expier une partie de leurs péchés, afin qu’ils reviennent peut-être de leurs erreurs. »

Coran 30 AR-RŪM (LES ROMAINS) : 41.

  M. Bilâl : 
  A en déduire que tout ce qui mène à la corruption de l’âme humaine ou tout ce qui provoque la pourriture chez autrui appartient au domaine du péché et de l’agression.
  Dr. Rateb : 
  La corruption signifie le changement des propriétés d’un corps ou de ses caractéristiques ; le meilleur exemple qui illustre cette notion se trouve dans l’eau qui à l’origine est incolore, inodore et sans saveur, mais si elle prend une certaine couleur ou dégage une odeur ou a un goût quelconque elle deviendra malsaine. Parallèlement, tant que le fils ou la fille, le jeune homme ou la jeune fille agissent conformément à leur nature primaire en se soumettant à la Méthode d’Allah exalté soit-Il, leur agissement sera magnifique et ils seront une source de bonheur à leurs parents :    

« Seigneur, fais que nos épouses et nos enfants soient pour nous une source de bonheur ! »

Coran 25 AL FURQĀNE (LE DISCERNEMENT) : 74.

Mais du moment où les enfants, filles et garçons sont corrompus, la société sera intégralement pourrie.
***

  Les nations sont un ensemble de moralité…

… elles tiendront fermement tant qu’elles tiennent à leur moralité…

Mais ces nations ne tarderont pas à vivre leur déclin… 

… à l’instant même où leur moralité est pourrie.
***

  La pourriture de la moralité va de pair avec la pourriture des nations.
  M. Bilâl : 
  Qu’Allah vous bénisse monsieur, donc :

« ... et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »

Coran 5 AL-MĀ’IDAH (LA TABLE SERVIE) : 2.

  Certaines personnes peuvent s’entraider à accomplir un acte illicite en se justifiant que leur œuvre sera couronnée par un bien ; elles disent pour se justifier : « Nous allons organiser une cérémonie caritative, il est vrai qu’elle implique une désobéissance mais il s’agit bien d’une cérémonie caritative. »

Les fins nobles se réalisent par des moyens nobles :

  Dr. Rateb : 
  Oui, en effet, on parle d’animer une soirée chantante dont les revenus seront investis dans un projet caritatif !
  M. Bilâl : 
  C’est bien ce que font les gens, mais ce genre d’entraide n’est absolument pas loué.
  Dr. Rateb : 
  Les fins nobles ne peuvent se réaliser que par des moyens nobles, en d’autres mots, les moyens doivent être de même nature que les objectifs.
  M. Bilâl : 
  Ce qui veut dire que les fins ne justifient pas les moyens !
  Dr. Rateb : 
  Absolument pas !

« … et que je fasse une bonne œuvre que tu agrées »

Coran 27 AN-NAML (LES FOURMIS) : 19.

  Les savants ont affirmé que les œuvres doivent être pures et honnêtes ; pures en visant la satisfaction d’Allah et honnêtes en étant en conformité avec la tradition du Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam). Si l’œuvre était honnête mais dénuée de toute figure de sincérité elle serait rejetée ; et si en revanche, elle était sincère mais ne va pas droit au but elle serait inadmissible. Malheureusement, on assiste de plus en plus souvent à des milliers d’œuvres auxquelles la convenance, la rectitude ou la sincérité font défaut. Sachant qu’Allah, exalté soit-Il, n’accepte que les actes vertueux :

« … et que je fasse une bonne œuvre que tu agrées »

Coran 27 AN-NAML (LES FOURMIS) : 19.

  Les exégètes ont soumis ce verset à une profonde réflexion : « A quelles conditions Allah acceptera- t-Il une œuvre » ? Lorsqu’elle ne vise que la satisfaction d’Allah, exalté soit-Il et qu’elle soit en harmonie avec la Sunna du Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam).
  M. Bilâl :
  Qu’Allah vous bénisse. Que diriez-vous de passer à la troisième partie de notre séance ? Celle de reprendre l’objet de notre discussion concernant cette vertu et d’en faire la visée de notre vie. Je suis persuadé que si les prédicateurs qui appellent à Allah s’entraident entre eux comme il se doit et que les gens sont sensibilisés à cette coopération, cela pourra donner naissance à une nouvelle génération ou encore à toute une nation qui adoptera cette morale à coup sûr. Avons-nous besoin de faire preuve d’entraide pour inviter les gens à raffermir leur foi en Allah ?

La prédication exige l’entraide :

  Dr. Rateb : 
  A mon avis, l’invitation à Allah exalté soit-Il, est de deux types : une invitation à avoir foi exclusivement en Allah et une autre qui en apparence invite à avoir foi en Allah mais qui en réalité, ne vise que la réalisation de l’égo. Le premier type implique de se soumettre aux injonctions d’Allah et de les suivre à la lettre, alors que le second type est fondé sur l’hérésie. Or, la loi à appliquer est de suivre la religion non d’innover des hérésies ; de faire preuve de modestie et d’humilité non de vanité ; le dévot ne peut se vanter. L’appel exclusif à Allah est fondé sur l’entraide entre les prédicateurs et sur le fait de reconnaître l’existence de l’autre et ses droits, quant à l’appel à sa propre personne, elle repose sur l’abolition de l’autre.
  Lorsque je me soumets aux lois divines, je ne soutiens pas les hérésies ; je donne un coup de main en essayant d’être utile et je n’entre pas en concurrence avec les autres ; j’admets l’autre auprès de moi et je ne le repousse pas car finalement j’applique la Méthode d’Allah, exalté soit-Il, et celle de Son Messager (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam).
  C’est ainsi que les prédicateurs gagnent un rang élevé auprès d’Allah, exalté soit-Il et auprès des gens, mais s’ils refusent de coopérer en préférant plutôt se faire des griefs mutuellement, j’estime - et cela me fend le cœur de le dire- qu’ils seront discrédités auprès d’Allah, exalté soit-Il, et déshonorés auprès des gens.
  M. Bilâl : 
  On remarque que le monde occidental agit suivant le concept de travail en équipe qui en réalité est un concept islamique comme on l’a déjà affirmé à travers la notion de l’entraide ; avons-nous besoin d’effectuer des tâches communes et de former des équipes ?

Le travail en équipe est une exigence pour les Musulmans :

  Dr. Rateb : 
  Oui, je jure par Allah que nous en avons grandement besoin ; il parait que l’une des raisons de la puissance du monde occidental réside dans la formation des équipes de travail. Le travail en équipe incarne l’entraide, le travail en équipe renforce la spécialisation. Il est un dicton qui dit : « Apprends tous les détails qui se rapportent à une science (c’est la spécialisation) et cherche à avoir une idée générale de toute science (la culture générale) ».  
  En présence d’une équipe de travail, on a affaire à différentes spécialités au sens que chacun travaillera dans le domaine où il excelle et de-là cherchera à fournir tous ses efforts pour faire réussir le projet en cours, la réussite à ce moment-là sera intégrale, c’est toute l’équipe qui aura réussi le projet. 
  Selon les notions contemporaines, la réussite dans la langue moderne ne peut exister si elle était sectionnée. Si l’on cherche à appliquer la notion de réussite dans notre vie, on dira que ta réussite doit être intégrale et figurer parmi les principaux éléments constituants de ta vie, à commencer par ton foyer, sur le lieu de ton travail ou dans ton entourage, avec les plus puissants comme avec les plus faibles. La réussite ne peut être qualifiée de réussite que lorsqu’elle sera intégrale ; la réussite intégrale signifie plus précisément ‘le succès’. Lorsque tu mets au point l’objectif de ton existence dans ce monde tu auras réalisé un succès inouï :

« … ceux-là seront les gagnants. »

Coran 7 AL-A’RĀF (Les Murailles) : 157

  Donc, si la réussite était fractionnaire et portait sur un des aspects de notre vie, elle sera appelée réussite alors que la véritable réussite est celle intégrale et sera à ce moment-là le succès proprement dit.
M. Bilâl : 
  Cette réussite intégrale a besoin d’entraide.

L’entraide est à la fois une civilisation, une vertu et une obéissance à Allah :

  Dr. Rateb : 
  L’entraide est un aspect de la civilisation, une vertu, une obéissance à Allah, exalté soit-Il, une puissance ; l’entraide est fondée sur la notion de citoyenneté.
  M. Bilâl : 
  Le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) et ses compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) ont magnifiquement illustré la notion de l’entraide ; le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) passait son temps libre au service des siens ; il a épaulé ses compagnons dans le creusement de la tranchée lors de la bataille qui appelée la bataille de la tranchée. Tel est le travail en équipe !
  Dr. Rateb : 
  Même le concept de citoyenneté est islamique ; lorsque le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) émigra à la Médine, son premier discours a soulevé plusieurs points, dont la citoyenneté :
  ((Les habitants de Yathreb appartiennent à une seule communauté, ils vivent tous ensemble un état de paix ou bien ils sont tous ensemble en état de guerre…))
  Ce fut le premier concept de citoyenneté instauré en Islam, c’est bien le concept de la civilisation et le concept de la puissance ; le monde ne peut se réformer que par le concept de citoyenneté.

Conclusion :

  M. Bilâl : 
  Mon cher monsieur, nous sommes enjoints de nous entraider, car l’entraide est une vertu et un ordre divin. Essayons tous d’œuvrer ensemble pour former un rang serré tel un édifice compact dont les individus se soutiennent les uns les autres.
  Qu’Allah vous bénisse mon cher professeur. Chers assistants, qu’Allah vous bénisse, je tiens à vous remercier pour votre attention en espérant vous retrouver en une prochaine séance des perles précieuses de la législation islamique. Je demande à Allah de vous protéger. Salamu Alaykum wa Rahmatullah wa Barakatuh.

Louange à Allah, Le Seigneur de l’univers