Au Nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

La commémoration du Mawlid entre la divergence des opinions et l’opinion modérée :

  Chers frères, il y a une grande confusion concernant la position de la Chari’a au sujet de la commémoration du Mawlid du Prophète. Certains considèrent cette cérémonie comme une pure innovation, sachant que toute innovation est un égarement et que tout égarement mène à l’Enfer. Ceux-ci établissent un rapport de cause à effet entre la commémoration du Mawlid et l’Enfer. Par contre, d’autres considèrent que la commémoration du Mawlid est obligatoire, étant, selon eux, un culte d’adoration. Or, ces points de vue sont tous deux faux car le plus vrai c’est le juste milieu.

Preuves du Coran soulignant la commémoration du Mawlid :

Le premier verset :

 D’abord, Allah, exalté soit-il, dit : 

« Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers, c’est pour en raffermir ton cœur. »

(Sourate Houd : 120)

 Il s’agit bel et bien du Noble Coran. Si le cœur du maître des créatures, du bien-aimé d’Allah, du meilleur des descendants d’Adam, celui par la vie duquel Allah a juré, si le cœur du prophète acquiert plus de fermeté, de foi et d’ardeur en écoutant les récits d’un autre prophète, qu’en sera-t-il de nous si nous écoutons la biographie du maître des Prophètes et des Messagers, le meilleur de toute la progéniture d’Adam ? Quel sera notre état si nous lisons à propos de ses vertus, de ses mérites, de ses mœurs, de sa miséricorde, de sa sagesse, de son savoir et de sa modestie ?

 Cette première preuve du noble Coran dénote que la connaissance de la biographie des prophètes est susceptible de donner plus de certitude à la foi du croyant car les valeurs morales n’auront de portée que si elles sont incarnées par des personnes. L’idéalisme sans exemple concret ne vaut rien.  Si les principes moraux restent sous une forme d’idées abstraites ils perdront de leur valeur. Mais lorsque ces idées morales sont incarnées par la personne d’un être actif, sincère et honnête, chaste et pudique, loyal et généreux, on s’en trouvera ému. Ainsi :

« Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers, c’est pour en raffermir ton cœur. »

(Sourate Houd : 120)

Le deuxième verset :

 Allah, glorifié soit-il, nous invite à bien connaitre son prophète. On peut même dire que la connaissance du prophète fait partie intégrante de la religion parce que le premier mot en l’islam se trouvent être les deux attestations de foi : « Il n’y a de divinité qu’Allah, Mohammad est le messager d’Allah. » :

« Ou n’ont-ils pas connu leur Messager ? »

(Sourate Al- Mo’minoun (Les Croyants) : 69)

Le troisième verset :

« Dis : Je vous exhorte seulement à une chose : que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon (Mohammad) n’est nullement possédé. »

(Sourate Saba’ : 46)

 On peut donc déduire de ce verset que se réunir deux par deux ou individuellement et discuter ce message transmis par le prophète, son mode de vie, ses mœurs, sa sagesse, tout cela fait partie intégrante de notre religion. Voire, c’est un ordre divin et tout ordre divin figurant dans le coran implique une obligation.

 Signification du verset : « Allah ne les châtierait pas tant que tu es parmi eux. » :

 Chers frères, je me trouve obligé d’établir un rapport entre la situation actuelle vécue par le monde islamique -qui ne peut satisfaire un ami mais plutôt fera réjouir l’ennemi- et notre abandon de la méthode du Messager d’Allah. Mais comment ?

 Allah, exalté soit-il, dit :

«Allah n’est point tel qu’Il les châtie, alors que tu es au milieu d’eux »

AL-ANFĀL (LE BUTIN) : 33

 Autrement dit, du vivant du prophète, le sens était clair. Mais pour comprendre le sens de cette phrase :

«… alors que tu es au milieu d’eux » 

AL-ANFĀL (LE BUTIN) : 33

  … cela exige une méditation.

 Les spécialistes de l’exégèse ont expliqué ce verset comme suit : tant que la tradition du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) et sa méthode sont pratiquées dans notre vie, dans notre mariage, dans l’éducation de nos enfants, la façon d’acquérir nos biens, la dépense de notre argent, nos fêtes, nos deuils, bref dans toutes nos activités, si la méthode instituée par le prophète est respectée, nous serons à l’abri du châtiment d’Allah. Mais si les musulmans sont objets de torture quotidienne, de massacre, de déshonneur, si les armées venant de tous les coins du monde envahissent nos terres, d’ailleurs n’est-ce pas que cinq ou six pays musulmans sont colonisés ? Si telle est notre situation, nous devrons comprendre que cela est dû à notre détournement de la méthode du Messager d’Allah.

L’essence de la commémoration du Mawlid :

  On arrive à deux points importants : il y a une commémoration traditionnelle à laquelle les musulmans ont été longtemps habitués, durant laquelle les discours évoquant les mérites du prophète sont récités et les décorations sont installées au moment où sa méthode est bien loin d’être respectée dans notre vie. 
  Prenons l’exemple d’un père érudit, titulaire de diplômes, auteur de plusieurs ouvrages, dont le fils est analphabète, ne peut ni écrire ni lire. Ce fils aura beau louer son père, mais cela ne changera rien à la réalité des faits, il restera toujours ignorant alors que son père restera savant. L’éloge du fils n’aura servi à rien. 

  Je vous avoue amicalement cette vérité : nous avons beau louer le prophète, nous avons beau le bénir, si nous ne respecterons pas sa méthode, toute célébration se réduira à une cérémonie traditionnelle qui viendra s’ajouter à notre patrimoine, à nos us et coutumes. Mais si nous mettons à exécution la tradition du prophète en apprenant comment il traitait ses épouses, ses enfants, ses voisins, comment il faisait preuve de patience, de tendresse, de sincérité, de fidélité, et de modestie, cela nous sera utile. La véritable commémoration du Mawlid exige de suivre l’exemple du prophète à la lettre.

 Chers frères, veuillez m’excuser si je me montre quelque peu sévère en évoquant ce sujet. Mais il ne sied absolument pas au statut du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) de l’évoquer une fois par an. A Allah ne plaise !!! Il faut que sa tradition soit respectée dans tous les détails de notre vie quotidienne. Serait-il raisonnable de ne l’évoquer qu’une fois par an ?

 Le statut du prophète vaut qu’on l’évoque plutôt chaque jour. C’est pourquoi le fait de prendre connaissance du prophète fait partie intégrante de la religion parce que la deuxième partie de la profession de foi de l’Islam est « Mohammad est le messager d’Allah », Allah, exalté soit-il, dit :

« Ou n’ont-ils pas connu leur Messager ? » 

(Sourate Al- Mo’minoun)

 Allah dit aussi :

« Dis : Je vous exhorte seulement à une chose : que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon n’est nullement possédé … »

(Sourate Saba : 46)

La connaissance de la biographie du prophète fait partie intégrante de la religion :

  Chers frères, si en évoquant les gens de bien, la grâce descend du ciel, qu’en sera-t-il lors de l’évocation du maître des Messagers ? En revanche, en évoquant les méchants, la sérénité des réunions se trouve altérée. Aussi Abu Hourayra rapporte que le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit :

« Tout groupe de personnes mettant fin à une réunion sans avoir évoqué Allah, seront semblables à ceux qui s’éloignent d’une charogne d’âne, de surcroît, cette réunion leur sera une source de regret. »

(D’après Abu Daoud)

 De plus, Abu Hourayra a rapporté que le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit :

« Il n’est de groupe de personnes qui se réunissent dans l’une des demeures d’Allah (les mosquées) pour y lire le Livre d’Allah (le coran) et le discuter, sans que la sérénité ne leur soit envoyée du ciel, que la Miséricorde ne les enveloppe, que les anges ne les entourent et qu’Allah ne les évoque auprès de ceux qui sont chez Lui. »

(D’après Abu Daoud)

La preuve qui soutient le fait de devoir connaitre la biographie du prophète :

 De ce fait, prendre connaissance de la biographie du prophète constitue une partie essentielle de la religion, lire sa tradition verbale fait partie de la religion. Voire, être informé quant à la tradition pratique du prophète représente une obligation individuelle qui incombe à tout musulman.  Demandez-moi de vous fournir la preuve autrement on aura des prétentions à n’en plus finir.   Mais heureusement, personne ne pourra juger la religion d’après son point de vue.

Première règle :

 Tout ordre figurant dans le noble coran relève de l’obligation tant qu’il n’y a pas d’argument le contredisant :

 « Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie ». 

(Sourate Al Kahf (LA CAVERNE) : 29)

  Ce verset implique une menace non un devoir (Wadjîb).

« Mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. »

(Sourate Al Baqarah (La Vache) : 187)

 Cet ordre relève de l’autorisation.

« Mariez les célibataires d’entre vous »
 

(Sourate Nour (La Lumière) : 32)

  C’est un ordre recommandé.

 On en déduit donc que tant qu’il n’y a pas d’argument qui remettrait le devoir (Wadjîb) en question, tout ordre figurant dans le noble coran devrait être inévitablement exécuté. Ceci est une règle fondamentale.

 Lisons maintenant ce verset :

« Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en ; » 

(Sourate Al Hachr (L’Exode) : 7)

 C’est un ordre divin.

Deuxième règle :

  Tout ce qui est nécessaire à l’obligation est une obligation (Fard) et tout ce qui est nécessaire à la tradition prophétique est une tradition (Sunnah) à respecter. C’est le cas des ablutions qui sont nécessaires à l’accomplissement de la Salât : puisque la Salât est obligatoire, les ablutions le sont tout aussi bien. Retenons donc cette règle : tout ce qui est nécessaire à un devoir est un devoir et tout ce qui est nécessaire à la tradition prophétique est une tradition exécutoire.
 Alors si Allah, glorifié soit-il, dit :

 Prenez ce que le Messager vous donne et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en » 

(Sourate Al Hachr (L’Exode : 7)

  Cet ordre implique une obligation pour chaque musulman. Précisons que c’est un ordre qui implique un autre ordre.  Lequel ? C’est de savoir ce que le prophète a ordonné et ce qu’il a interdit.   Car étant donné que l’exécution de cet ordre est obligatoire, la connaissance de ce que le prophète a ordonné et ce qu’il a interdit est liée à cet ordre.
 Par suite à cela, la connaissance de la tradition verbale du prophète est une obligation individuelle qui incombe à chaque musulman. En effet, prendre connaissance de la biographie du prophète et de sa tradition est aussi important que le fait d’accomplir la Salât. D’ailleurs, Malek Ibn Anas (qu’Allah lui fasse miséricorde) a raconté que le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) avait dit :

« Je vous ai laissé deux choses grâce auxquelles vous ne serez jamais égarés si vous vous y attachez : le livre d’Allah (le coran) et la tradition de son prophète. »

(Rapporté par Malek dans son Muwattae)

 Chers frères, se réunir donc dans la mosquée ou se réunir en famille pour écouter l’un d’entre nous nous parler du prophète, de ses vertus, de ses bonnes manières, de son amour pour sa Ummah, de sa piété, de sa connaissance de son Seigneur, de sa patience, de sa lutte, de sa sagesse, ceci est une obligation individuelle incombant à chaque musulman, non pas un jour par an mais plutôt tous les jours de l’an. C’est donc une obligation pour chaque musulman de connaitre la tradition verbale du prophète.

Chaque musulman doit avoir une référence relative à la biographie et au hadith :

  Cette question exige que chacun d’entre nous ait un livre ou un CD contenant des hadiths authentiques. Chaque maison est tenue de disposer d’une référence contenant les hadiths du prophète.
 Lorsque Allah, exalté soit-il, dit :

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » 

(Sourate Al Ahzâb (LES COALISÉS) : 21)

  Comment le prophète sera-t-il un bon modèle pour nous si nous ne savons rien sur sa biographie ? Il faut donc que chaque maison ait à sa disposition un livre sur sa biographie, Gloire à Allah ! Mais malheureusement, quand l’homme a acheté tous ces appareils qui sont devenus objets d’intérêt des membres de la famille, le rôle du père a été annulé, ainsi que celui de la mère et de la famille, plus de conseils échangés, plus d’orientation.

 Il y a un grand problème : existe-t-il un père qui, en fin de journée tient compagnie à ses enfants et leur demande : mon fils, qu’est-ce que tu as appris à l’école ? qu’est-ce que le professeur de pédagogie islamique vous a-t-il recommandé de faire ? Vous a-t-il parlé d’un tel événement ? Qu’est-ce que vous connaissez à propos du prophète ? C’est notre cher prophète.

« Ou n’ont-ils pas connu leur Messager ? »

(Sourate Al- Mu’minoune (LES CROYANTS) : 69)

  Récapitulons : connaître la tradition verbale du prophète est une obligation individuelle qui retombe à chaque musulman car l’ordre divin implique une obligation… :

« Prenez ce que le Messager vous donne et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr (L’Exode) : 7)

  … qui ne sera réalisable à moins de connaître les ordres et les interdits du prophète et parce qu’Allah dit dans le noble coran :

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » 

(Sourate Al Ahzab (LES COALISES) : 21)

  Comment le prophète serait-il un bon modèle pour nous si on ignorait tout sur sa vie ? Nous devons donc nous consacrer à la lecture de sa tradition, qu’il s’agisse de ses hadiths ou de ses actes pour que l’on puisse concrétiser ces deux versets :
 D’abord :

« Prenez ce que le Messager vous donne et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr (L’Exode : 7)

 Puis :

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » 

 (Sourate Al Ahzab (L’Exode : 7)

 Ceci devant avoir lieu tout au cours de l’année et non pas un jour par an, mais plutôt chaque jour. Ces propos sont authentiques et bien-fondés, c’est-à- dire que cela a été étayé par des arguments puisés dans le noble coran et dans des hadiths.

La commémoration du Mawlid n’est pas un culte d’adoration :

 Si quelqu’un ose prétendre que la commémoration du Mawlid est un culte d’adoration, je répondrai que ceci n’est qu’une innovation mensongère qui n’a rien à avoir avec notre religion. La commémoration du Mawlid s’intègre sous la clause de l’invitation des gens à avoir foi en Allah et à prendre connaissance de la personne du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) en tant que concrétisation de la profession de foi islamique : « il n’y a d’autre divinité qu’Allah, Mohammad est le messager d’Allah » et des deux versets :

« Ou n’ont-ils pas connu leur Messager ? »

(Sourate Al- Mu’minoun (Les Croyants) : 69)

 Ainsi que sous la clause de :

« Dis : Je vous exhorte seulement à une chose : que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous méditiez. Votre compagnon n’est nullement possédé. »

(Sourate Saba’ : 46)

 Mais prétendre que la célébration du Mawlid est un culte d’adoration, ceci n’est point du tout vrai. Ce n’est pas un culte d’adoration car les cultes sont à l’origine basés sur l’interdiction et ne sont légiférés que suivant un argument irréfutable et constant ; alors qu’en dehors des cultes, tout est permis à l’origine sauf preuve formelle et indubitable.

  Tout compte fait, se réunir à la mosquée ou en famille pour parler du prophète, de son message, de ses bonnes manières, de ses vertus, de ses mérites, de ses particularités, de sa peine à cause de l’état de sa communauté après sa mort, tout cela comble notre cœur de foi et rend notre âme plus sereine.

 Chers frères, le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) est infaillible dans tout ce qu’il a dit et ce qu’il a fait : il ne peut commettre aucune erreur dans ses dires, ni dans ses actes ni dans ses déclarations non plus mais pour une sagesse qu’on ne peut connaître dans l’immédiat, Allah n’a laissé à son prophète qu’une petite marge d’un effort d’interprétation ayant pour but de souligner la différence entre le statut absolu de divinité et le statut du prophète. au cas où cette marge d’effort d’interprétation se révèle exacte, elle sera appuyée par la Révélation divine, sinon, la révélation la rectifie. Finalement le prophète ne parle pas sous l’effet de la passion, c’est une révélation qui lui a été transmise.

Le prophète est infaillible, on doit absolument l’imiter :

  Il convient de noter que le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) est à lui seul, infaillible tandis que sa communauté est infaillible dans sa totalité, et ce, conformément à la déclaration du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) :

« Ma communauté ne peut se retrouver sur un égarement. »

(Rapporté par Ibn Mâdja d’après Anas)

 Ainsi tout livre composé, tout discours prononcé et toute étude lancée qui contredisent le coran et la tradition du prophète susciteront une réaction dépréciative au niveau du monde islamique.   Pour cela, si on écrit un ouvrage qui est approuvé par le public, cela signifie qu’il a obtenu une unanimité implicite ; car le livre qui n’est pas critiqué par le public prouve que le livre ne déroge ni au coran ni à la tradition du prophète, cela traduit un accord unanime implicite.

 Retenons donc que le prophète est infaillible à lui seul alors que sa communauté n’atteint l’infaillibilité que dans son ensemble.

Les trois personnalités et les souhaits qui y correspondent :

  Chers frères, nous disposons tous de cette particularité, au sens que chacun de nous a une certaine personnalité qui lui est propre, en même temps, il abhorre incarner une certaine personnalité et aspire à être une autre différente des deux premières. Dites-moi donc qui voulez-vous être, je vous dirai qui vous êtes.

 En effet les partisans de la vie matérielle souhaitent être comme les riches, les partisans du pouvoir souhaitent être comme les puissants et les partisans des vils plaisirs souhaitent en être débordés. Les partisans de la foi, quant à eux, souhaitent être conformes à la méthode du prophète.

 « En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » 

(Sourate Al Ahzab (L’Exode : 7)

Le vrai croyant doit avoir comme modèle le prophète et les hommes vertueux :

 Quand on espère en Allah et au Jour Dernier, notre modèle à suivre devra être le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam).

 Lors d’un voyage dans un pays lointain, on m’a demandé de rencontrer une femme complètement voilée. On a évoqué son nom mais je n’en avais aucune idée, il s’est avéré qu’elle était l’une des plus célèbres artistes en Egypte, qui porte le voile après s’être repentie. Elle a raconté son histoire lors d’une conférence qui réunissait des femmes dans le cadre d’un congrès islamique.   J’ai écouté l’enregistrement audio de cette conférence.  Ce qui a attiré mon attention, c’est que quand elle partait pour faire la Omrah, elle était accueillie par des personnes influentes, elle était reçue dans les hôtels les plus luxueux et on dépensait des milliers et des milliers pour son bien-être. Mais après son repentir, elle s’était mariée avec l’ingénieur qui l’avait aidée à suivre le chemin droit, mais il était pauvre. Le couple décida de passer la lune de miel à la Maison Sacrée d’Allah et accomplir la Omrah en même temps. Là, elle se trouva dans une petite chambre dont le coût était très modeste. Elle en avait énormément souffert et avait même failli avoir des regrets. « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? se demanda-t-elle. J’étais une célébrité alors que je me trouve maintenant dans cette chambre misérable. » Du coup, elle visita la Mosquée Sacrée, s’y prosterna et sollicita Allah. Je vous rapporte ce qu’elle a dit à la lettre : « O Allah, envoie- moi un indice.   Qu’est-ce que j’ai fait ? » En rentrant à l’hôtel, elle trouva effectivement une lettre. Après l’avoir lue, elle pleura. La lettre disait : lorsque tu étais une grande artiste, les stars étaient un modèle pour toi, mais maintenant que tu es une grande croyante, ton modèle c’est le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi Wa Sallam). Elle pleura et se trouva ravie d’avoir cet homme pour mari car il l’avait honorée.

 Quand on est un vrai croyant, on a un respect pour des valeurs particulières. Quand on est un vrai croyant, notre modèle sera Abou Bakr Siddik, Omar, Ali, et Othmane.
 Un jour, ‘Omar ibn Al Khattâb fit son entrée chez le prophète et le trouva allongé sur du paillasson qui a laissé une trace sur sa joue. Omar en a pleuré. «

Pourquoi pleures-tu, ô ‘Omar ? »

lui demanda le prophète. « Chosroês, le roi des Perses, dort sur de la soie alors que le messager d’Allah dort sur du paillasson ?! » s’exclama Omar. Aussi le prophète lui répondit :

« Omar, c’est une prophétie non une royauté. Je ne suis pas un roi. En as-tu quelques doutes ? »

  Franchement parlé, si on est un vrai croyant, notre modèle devra être les prophètes, les compagnons honorables, les savants honnêtes, les gens qui n’ont pas de convoitise pour le monde matériel, les héros, les gens de compassion, les justes, les vertueux, ce sont-là des modèles pour nous. Mais si on envie les riches même s’ils sont malhonnêtes, ou les puissants même s’ils sont meurtriers, on devra nous rendre à l’évidence qu’on est aux antipodes de la véritable foi. 

 Admirez-vous celui qui préside un pays lointain et qui dit : nous sommes venus pour établir la démocratie, au moment où il a utilisé 100 tonnes d’uranium fertilisé en Irak dont la terre ne pourra être jamais purifiée ou plutôt pas avant des milliers d’années ? Admirez-vous celui-là ? Si vous êtes un vrai croyant, les honnêtes devront vous servir de modèle, ainsi que les compagnons du prophète, ces dévots miséricordieux, vertueux, chastes, sincères et loyaux, ce sont-là les modèles dont vous devrez suivre l’exemple.

 Méditons ce verset :

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. »

(Sourate Al Ahzab (LES COALISÉS) : 21)

 Ma foi, j’ai rendu visite à un ami qui habitait dans une très petite maison. Au milieu du salon, il y avait une table avec des chaises. Entre les chaises il y avait juste une place pour un seul pied.   On ne peut s’y asseoir que très difficilement. Mon hôte en était très embarrassé. « Non, non, il ne faut pas en avoir honte, lui dis-je, car la meilleure des créatures, le bien-aimé du Vrai, n’avait pas assez de place dans sa chambre à coucher pour accomplir la Salât alors que son épouse dormait, il fallait qu’elle change de position pour ce faire, lui la meilleura de toutes les créatures. » Mon hôte pleura.

 Un autre, à cause d’une erreur dont il était innocent, a accepté un acte de registre civil falsifié, puis l’affaire s’est transformée en une expulsion d’une construction qui a coûté plusieurs centaines de millions. Il a été mis en prison de manière provisoire comme mesure préventive. Quand je lui ai rendu visite, il a pleuré. « Ne pleure pas, lui ai-je dit, Allah a mis un prophète en prison pour te servir d’exemple. » il se peut donc qu’un croyant tout-à-fait innocent entre en prison par une sagesse dont on ne connaît pas la portée dans l’immédiat. Allah a fait qu’un prophète, YŪSUF (Joseph), entre en prison bien qu’il soit un prophète.

  Donc, lorsqu’on est un bon croyant, notre modèle doit être les Prophètes, les Messagers, les croyants, les bienfaisants et les dévots même s’ils sont pauvres, mais si on est un partisan de la vie matérielle, le modèle sera les gens forts et les riches.

 Pour cela, répondre à l’appel des riches et des forts relève d’un attachement au monde d’ici-bas, alors que répondre à l’appel des pauvres traduit un attachement à l’autre vie.

 Chers frères, il faut être tout-à-fait clair concernant la personnalité dont on veut imiter le mode de vie. Tant que le prophète n’est pas cette personnalité dont tu voudras respecter la méthode, sois sûr qu’il y a quelque déséquilibre dans ta foi.

« Ceux qui aimaient la vie présente dirent : « Si seulement nous avions comme ce qui a été donné à Coré. Il a été doté, certes, d’une immense fortune. »

(Sourate Al Qassas (LE RÉCIT) : 79)

« Tandis que ceux auxquels le savoir a été donné dirent : Malheur à vous ! La récompense d’Allah est meilleure pour celui qui croit et qui fait le bien. »

(Sourate Al Qassas (LE RÉCIT) : 80)

  Si tu es un croyant sincère, ton modèle devra être les dévots, ton modèle devra être les savants honnêtes, fidèles et vertueux, ton modèle devra être les prophètes. Ce sont eux qui te pourront te procurer la force. Mais lorsque tu imites les partisans de la vie matérielle, tu compteras parmi eux. De plus, celui qui admire les athées sera ressuscité avec eux et tous les bons actes qu’il aura faits ne lui seront d’aucun profit. Celui qui aura approuvé un péché sans même y avoir assisté en assumera la même responsabilité que celui qui aura été témoin. Celui qui aura dénoncé un péché auquel il a assisté en sera aussi innocent que celui qui n’y a pas assisté. La question est des plus graves : c’est ce qu’on appelle le concept de l’alliance et du désaveu ; l’alliance implique de s’allier aux croyants même s’ils sont pauvres et faibles et de se désister des athées et des polythéistes même s’ils sont forts et riches. Ne  nous aucune amitié avec quelqu’un qui ne reconnaît pas ton mérite comme tu reconnais le sien, ne prends pour ami qu’un croyant, seul un dévot doit manger de ton repas. Tiens compagnie aux croyants :

« O vous qui croyez, craignez Allah et soyez avec les véridiques. »

(Sourate At-Tawbah (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR) : 119)

« Fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre et n’obéis pas à celui dont nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.. »

(Sourate Al Kahf (LA CAVERNE) : 28)

Une vérité importante : « C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux !

  Chers frères, je vais conclure par cette vérité : Allah, exalté soit-il, dit :

« C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! »

(Sourate Al ’Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN) : 159)

  Autrement dit, Allah (Exalté soit-Il) a donné le Coran au Prophète, ainsi que la Révélation, les miracles, l’intelligence, l’éloquence, l’art du discours, la descendance honorable, les bonnes mœurs, malgré tout cela, Allah (Exalté soit-Il) lui dit : toi-même, Mohammad, même si tu es un prophète, voire le maître des prophètes par excellence, même si tu es un Messager, voire le maître des Messagers, même si on t’a révélé le coran, ce qui est un grand honneur, même si on t’a fait parvenir la révélation céleste, même si tu as obtenu les prodiges, même si tu es infaillible, même si tu es doté de l’éloquence et la concision dans le discours, même si tu es doté d’une beauté physique, même si tu es doté d’une intelligence subtile, d’une sagesse et d’une précision dans ton discours : sache que malgré toutes ces qualités :

«Mais si tu étais rude au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage » 

(Sourate Al ’Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN) : 159)

  Mais si la personne n’est pas un prophète ni un messager, n’a reçu aucune révélation, n’a pas eu le coran comme miracle, n’a pas été doté d’une éloquence dans l’art de parler ni d’une beauté physique, et de plus, est grossière, tient des propos sévères, se montre détestable et curieuse, ceci ne sera pas raisonnable, car Allah s’adresse à son prophète en lui disant :

« Mais si tu étais rude au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage, pardonne-leur donc » 

(Sourate Al ’Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN) : 159))

Une loi générale concernant les relations :

  1. Préambule : attachement (par la foi) → miséricorde →tendresse → attraction
  2. Préambule : rupture →cruauté → rudesse→ dispersion.
 Il paraît qu’Allah, glorifié soit-il, nous ait donné d’une part, la loi de communication qui implique la miséricorde, la tendresse et se termine par l’attraction et d’autre part, la loi de rupture qui se distingue par la dureté, entraîne la grossièreté et finit par la dispersion. Il s’agit d’une équation en mathématiques : 

« C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux !»

(Sourate Al ‘Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN) : 159))

  Ils se sont donc rassemblés autour de toi, mais si tu t’éloignes d’eux, ton cœur sera plein de cruauté qui se transformera en rudesse ce qui les amènera à  détacher de toi, ceci est une équation en mathématiques, mais si tu communiques avec Allah, ton cœur sera plein de tendresse, tu deviendras doux grâce à la miséricorde divine et les gens se rassembleront autour de toi.   Répétons-le encore une fois : si tu t’éloignes, ton cœur deviendra dur, cette cruauté se transformera à son tour en rudesse de mœurs et les gens se disperseront loin de toi :

« C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon (d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires » 

(Sourate Al ’Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN) : 159))

Les objets, les personnes et les principes :

 Chers frères, faisons maintenant un commentaire intéressant : nous avons des objets : des maisons très luxueuses, des voitures de marque, de très belles fermes, et un nombre illimité de biens, ce sont là des objets. Nous avons aussi des personnes :

« Dis-leur : si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, …»

(Sourate At Tawbah (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR : 24))

  Ce sont-là les personnes. 
  Et les objets sont :

« les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, »

(Sourate At Tawbah (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR : 24))

 Maintenant voici les principes :

« … vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre… »

(Sourate At Tawbah (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR : 24))

 Si les objets et les personnes étaient au service des principes nous serions dans un état sublime.

 Le roi des Ghassassina, Jibilah Ibn Al Ayham, a rendu visite à Omar Ibn Al Khattâb ; lors de son tawaf (circumambulation) autour de la Ka’ba, un paysan de Fazara foula l’extrémité de son burnous dévoilant ainsi son épaule. Le roi se retourna brusquement vers le paysan et d’un coup violent, lui assené un coup qui lui cassa le nez. Le paysan violenté recourut à Omar pour porter plainte auprès de lui. Omar convoqua le roi, se mit face à lui et lui demanda : ce paysan blessé, dit-il la vérité ?

 « Je ne suis pas de ceux qui nient ce qu’ils ont fait. J’ai corrigé ce garçon ; je me suis rendu justice de mes propres mains », répondit le roi. – réhabilite le garçon, ordonna Omar, tu dois le dédommager, tes ongles sont encore souillés par son sang sinon il doit te casser le nez. Tel préjudice, tel châtiment. » C’était l’ère des principes et tu seras payé de retour. Le roi Jibilah était choqué : comment cela peut-il être ? demanda-t-il furieusement. C’est un homme de la plèbe, alors que j’ai un trône et une couronne ; comment voulez-vous que l’étoile s’écroule par terre ?

 Omar répondit aussitôt : « les caprices de l’époque préislamique et les vents de l’orgueil, nous les avons enterrés, nous avons construit dessus un nouvel édifice. Les personnes chez nous sont désormais à pied d’égalité qu’elles soient libres ou esclaves. »

 - « Je croyais que j’étais pour toi plus fort et plus noble, hélas ! ce n’était qu’une illusion. Mais si tu m’y obliges, je renonce à votre religion », dit le roi.

 - « Dans le monde que nous bâtissons, toute faille est réparée, et le plus fier des hommes est égal à un esclave ou à un roturier. » répondit Omar.

 C’est l’époque des principes. 
  Par moments, on a affaire à des époques de personnes : Hitler a causé la mort de cinquante millions de personnes en Allemagne. Les tyrans qui ont régné sur terre ont manipulé l’Histoire.  Toute la nation vit pour un individu tel que celui-ci, c’est une ère particulière où les choses et les principes sont au service des personnes.

La différence entre servir les principes et servir les personnes :

  Premier cas : quand les personnes et les choses sont au service du principe, c’est la plus noble de toutes les ères. Mais si les choses et les principes sont au service des personnes, cela sera une anomalie grave, la question sera d’autant plus grave si les personnes et les principes sont au service des choses. Autrement dit lorsque notre valeur dépend de la superficie de notre maison ou bien de l’endroit où elle est située. Il y a des maisons qui coûtent cent et dix millions.
  Un homme s’est présenté chez une famille pour demander la main de leur fille en mariage ; où est-ce que vous allez habiter ? lui a-t-on demandé. Le prétendant a répondu : au quartier Al Maliki. L’affaire était close, la famille a accepté sa demande. Plus de questions, plus d’interrogatoire, plus d’enquête. C’était décidé car la maison à Al Maliki vaut cent millions. Après qu’on a signé l’acte, et qu’on a commencé les démarches pratiques, on a découvert qu’il y avait un boulevard appelé Al Maliki dans la région campagnarde de Babila. 
  Nous devons choisir entre une époque qui sacralise les principes comme celle d’Omar, ou l’ère qui vénère les personnes ou une troisième, une ère où l’on est esclave des choses.   Actuellement, la valeur de l’individu dépend de son costume : s’il s’habille en Pierre Cardin. S’il achète ses chaussures de chez Red Shoes, il sera digne de respect ; le costume de chez Pierre Cardin et la chemise en soie pure, c’est fini. Si notre communauté se réfère à ces critères pour juger, elle n’aura plus aucune valeur.

« Nous ne leur assignerons pas de poids au Jour de la Résurrection. »

(Sourate Al Kahf (LA CAVERNE) : 109)

  Si on donne une plus grande valeur aux gens et qu’on leur asservit les principes et les objets cela sera un cas maladif. 
  Un jeune homme voulant se marier s’est présenté chez le père de la jeune fille. Ce dernier, qui avait un cumul d’expériences, lui a demandé : mon fils, as-tu une maison ? Le jeune homme répondit : oui, bien sûr. Le père exigea de voir le titre de propriété ; le lendemain, le prétendant l’apporta effectivement. Que fais-tu dans la vie ? demanda le père. J’ai une usine, répondit le jeune homme. Apporte- moi le titre de propriété de ton usine. As-tu une voiture ?  Apporte aussi les papiers du véhicule. Le prétendant apporta tous les documents demandés et le père accepta sur le champ de lui donner sa fille en mariage. Un jour, le jeune homme a rendu visite à son futur beau-père dans son local commercial. Ce dernier le présenta à quelques personnes, or l’une d’entre elles manifesta un grand embarras, son visage changea de couleur. Cet homme appela le beau-père et lui parla en aparté : cet homme n’est pas musulman, lui apprit-il. Tu n’es pas musulman ? demanda-t-il au prétendant. Non, répondit le jeune homme, mais vous ne m’avez jamais demandé quelle était ma religion.

 Nous sommes donc dans une ère où l’on se limite à évaluer l’individu d’après les biens qu’il possède, ainsi, sa valeur dépend de la valeur de sa voiture, même des fois la valeur de son téléphone portable, de sa maison ou de sa montre ainsi que de l’endroit où il passe les vacances, s’il les passe à Charm Al Sheikh, il sera apprécié favorablement. Même si c’est un endroit de débauche et de dévergondage.

 Je souhaite que nous nous référerons aux critères du coran :

« Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? »

(Sourate Az-Zumar (LES GROUPES) : 9)

  Tant qu’on n’observe pas les valeurs de la tradition du prophète, l’on ne réussira jamais. Anas ibn Malik a rapporté que le prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit :

« Combien d’ébouriffés tout en poussière et en haillons, qui sont méprisés, s’ils avaient prié Allah, Ils seraient exaucés. »

(D’après At Tirmidhi)

Il est le messager d’Allah et le meilleur de toutes les créatures, malgré cela :

 Tant qu’on ne se réfère pas aux critères du coran, tant qu’on ne respecte pas la valeur des principes mais plutôt celle des personnes et des objets, on ne pourra jamais réussir :

 Premier verset :

« Dis : je crains si je désobéis à mon Seigneur le châtiment d’un jour redoutable. »

( Al An’am (Les bestiaux : 15)

  Existe-t-il un homme plus grand que lui ? Y a-t-il sur terre si on parcourt les cinq continents depuis Adam jusqu’au jour de la Résurrection, un homme plus grand que le messager d’Allah ?

Deuxième verset :

 Malgré cela, il ignore l’invisible :

« Dis : si je connaissais l’inconnaissable, j’aurais eu des biens en abondance et aucun mal ne m’aurait touché.»

(Sourate Al A’râf : 188)

Troisième verset :

 Malgré cela :

« Dis : je crains si je désobéis à mon Seigneur le châtiment d’un jour redoutable. »

( Al An’am (LES BESTIAUX) : 15 )

Quatrième verset :

 Malgré cela :

« Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage »

(Sourate Al A’râf : 188)

Cinquième verset :

 Malgré cela :

« Je ne possède aucun moyen pour vous faire du mal ni pour vous mettre sur le chemin droit. »

(Sourate Al Jinn (LES DJINNS) : 21)

Sixième verset :

 Malgré cela :

« Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé » 

(Sourate Al An’âm (LES BESTIAUX) : 50)

  Tel est le statut de prophétie, nous aspirons à la prédominance de l’époque des principes, à la mise en vigueur des critères et des valeurs du coran en félicitant un croyant vertueux et droit même s’il est pauvre et en nous détournant de toute personne corrompue même si elle est riche.

Le fond importe plus que les formalités et les us et coutumes :

  Chers frères : 

((Quiconque s’introduit chez un homme aisé et s’humilie en sa présence perdra les deux tiers de sa religion)).

[At-Tabarani et abou Cheikh d’après abou ad-Dardaa’]

  Demandez la haute position sans payer de votre amour-propre, demandez ce dont vous avez besoin avec fierté car tout se passe selon ce qu’Allah a prédestiné.

 Chers frères, nous devons prendre connaissance de la biographie du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam), il était pauvre, modeste, indulgent, équitable, il aimait toutes les personnes de son entourage. Nous avons besoin d’embrasser ses bonnes mœurs pour nous entraider les uns les autres, nous avons besoin de la commémoration de son Mawlid sans toutefois tomber dans les formalités traditionnelles.

 Franchement si un grand savant a composé deux cents ouvrages et a obtenu six diplômes d’études supérieures, mais pendant son absence, un employé analphabète le remplace, est-ce que le niveau de ce garçon va s’élever ? Jamais de la vie. Ne te contente pas de faire l’éloge du Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam), pratique plutôt sa tradition. Mais qu’en sera-t-il si ce garçon était en école primaire ? S’il avait suivi la voie de son professeur, s’il avait obtenu son brevet ? S’il avait un enseignement fondamental ? S’il avait obtenu son baccalauréat ? L’héroïsme consiste à imiter le prophète non à commémorer son anniversaire de manière traditionnelle. C’est ce qu’on n’a jamais cherché à le faire.

  * Mawlid : anniversaire du prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam).

Louange à Allah, Le Seigneur de l’univers